02 d’abril, 2007

Ces tabous verts brisés par les Belge


La conscience écologique des Belges progresse, mais elle ne prémunit pas la société contre l’immobilisme.

Réalisé au coeur d’une si verte campagne électorale et au terme d’un hiver si printanier, le sondage de « Bruxelles-Environnement » sur les Belges et le réchauffement bouleverse bien des idées reçues.
Culturelles, d’abord.

Si trois Belges sur quatre s’accordent à dire que les changements climatiques sont « un vrai problème qui risque de s’aggraver », près de 60 % de Flamands jettent un froid en déclarant, de façon spontanée, ne pas se sentir « concernés » par les questions d’environnement.
Effet pervers d’une communauté plus individualiste ? Nous laisserons aux experts le soin de commenter cette différence : les francophones, souvent décrits comme moins « éco-sensibles », s’impliquent davantage pour la planète alors que le niveau d’information est comparable, voire meilleur, côté flamand.

Autre enseignement clef, deux Belges sur trois déclarent ne pas agir assez. Mais, repentis, Flamands et francophones ne bougeront pas tant que les pouvoirs publics ne leur enverront pas des signaux clairs. Quitte à briser une volée de tabous…
Feu vert à un péage à l’entrée des grandes villes, aux écotaxes sur les billets d’avions, à l’interdiction de la circulation lors des pics pollution, attribution d’un quota de carbone à chaque famille… L’adhésion d’une majorité de la population à des mesures a priori impopulaires laissera songeur le gouvernement fédéral sortant, contraint de mitonner à la hâte un étrange cocktail de taxes vertes aux relents très budgétaires.

Pourvu qu’on lui explique avec clarté la pertinence des choix futurs, le citoyen paraît mûr pour accepter ces mesures qui titilleront des habitudes. Sans modifier nécessairement le bien-être. Mais avant toute forme de contrainte, la population parie de prime abord sur l’éducation. Inscrire la question planétaire comme une priorité dans les manuels scolaires ? Ce serait le gage d’une conscientisation accrue des générations futures. Osons intituler une première tête de chapitre : « Recevoir la planète en partage, la rendre en héritage. »

Font Le Soir en ligne
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